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Blog de Karine Carville : ses romans et ses événements.

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De l'écriture à la réécriture...

C'est nul. Comment est-ce que j'ai pu écrire des trucs pareils?!! Pourtant, sur le moment, ça m'avait vachement plu : pas d'incohérence, un bon équilibre action/description, mon petit coeur qui s'emballait devant les aventures de mes héros. A tel point que j'en ai écrit près de 200 pages... A tel point que j'en suis à la moitié du second tome... A tel point que j'avais projeté de faire une trilogie avec l'histoire de Vincent! Comment ai-je pu être aussi idiote? Ok, d'aucuns me répondront avec facilité "T'es blonde ma pauvre Ginette, que veux-tu, c'est l'jeu!". Facile, facile...

Pourtant, je me suis améliorée, je le jure!

Me voici repartie dans mes vieux écrits...
Mes premiers journaux intimes où F. était plus beau et plus fort que mon papa. F. est depuis devenu mon époux... Anecdote juste pour vous prouver que lorsqu'une passion m'habite je lui reste fidèle! (Non, par pitié, pas de mauvais jeux de mots dans les commentaires!!!!^^)
Mes premiers essais de romans où mes héros préférés (comprenez Springfellow Hawk et Shyriu...) vivaient de nouvelles et trépidantes aventures sous ma jeune plume.
Mes premiers écrits dactylographiés : ah comme je les ai aimés ces parents qui ont su m'offrir très jeune une machine à écrire digne de ce nom!
Qu'il me semble loin le temps où j'écrivais à la première personne, où "j'hocha la tête" (1), où les descriptions étaient inexistantes et les sentiments des personnages à peine palpables...

Quelque chose m'interpelle alors : la plupart de ces écrits ne sont pas achevés. Pourquoi? L'inconstance dont m'affublaient volontiers mes parents frappait-elle mes productions écrites? Dans ce cas, comment expliquer que 25 ans plus tard j'écrive encore (toujours?!)? Existe-t-il un autre phénomène plus inquiétant?

Introspection, ou comment se regarder le nombril à la loupe...
Ca c'est l'avantage du blog : vu qu'on peut rarement parler de ceux qui le fréquentent, autant parler de soi! Et finalement ça balance bien la vie où l'on passe son temps à écouter les autres parler d'eux...! (ça c'est parce qu'ils n'ont pas de blog, eux!! nanananananèreuh!!).
Alors, pourquoi ces écrits inachevés, pour la plupart?
Faute de temps et de constance pour certains? Oui, quand on a 8 ou 9 ans on a certainement d'autres choses en tête au quotidien que de finir  la nouvelle où Shyriu sauve encore une fois le monde. Admettons.
Manque de soutien de mes proches? Je sentais bien que tout cela les amusait, ils trouvaient ça "mignon", dans ce cas comment se prendre soi-même au sérieux? Ici, petite pensée à ma mamy qui a rarement souri devant mes piètres écrits (2) et m'a parfois aidée à remanier mes phrases.
Insatisfaction? Bon, voilà où je voulais en venir... Oui, insatisfaction chronique face à mes écrits... Un auteur est-il satisfait de ce qu'il a écrit des années plus tôt? Je ne parle pas de ses jeunes années, mais du premier ouvrage qu'il a tenté de faire publier, par exemple. Le relit-il? L'estime-t-il toujours autant? Oserait-il de nouveau le présenter à un éditeur?

Et me voilà face à moi-même. Face à ce que j'ai écrit l'année dernière. Ce n'est pas loin l'année dernière. Depuis, j'ai beaucoup retravaillé cette première partie de roman. Je l'ai aimée, détestée, bichonnée, jetée au loin, reprise dans mes bras. Comme il est difficile d'avoir un héros au caractère constant! Certaines actions ne seraient-elles pas à mettre de côté? D'autres sont-elles vraiment utiles? Et les dialogues...?
Torture... Me voilà en train de reprendre le début (120 pages) du tome deux. Ca bouge. Ca rebondit. Mais je trouve soudain que mon héros n'est plus le même... Pour la première fois, j'ai monté un "planning" du tome deux. 4 semaines d"actions. Planifiées. J'en suis à deux semaines et demi et ça traîne la patte. Il va me falloir supprimer une semaine pour garder une action soutenue... Ras-le-bol!

L'insatisfaction : amie ou ennemie?
Elle fait avancer, car je ne vais pas laisser des passages qui ne me plaisent pas dans mon propre bouquin (ce serait un comble ça! Déjà que je me fade les passages qui me plaisent pas dans les bouquins des autres!!). Mais... Et si elle restait? Pour toujours? Si je ne trouvais jamais mon oeuvre achevée? Et si je n'avais jamais l'impression d'avoir été au bout de mon histoire? Au bout de moi-même? Ce roman restera-t-il inachevé, lui aussi?
Alors avis aux écriverons de tous poils et plumes : comment vivez-vous avec vos écrits?


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(1) citation de l'artiste en herbe qui fera certainement revenir de bons souvenirs à mes lecteurs familiaux du moment!
(2) Ouh la, quand j'écris ça on a l'impression que je me suis améliorée depuis... Ah, bah si, au début de l'article j'ai juré que je m'étais améliorée, j'espère que vous allez le croire au final. Promis, "j'hocha" plus la tête aussi souvent ces derniers temps! ^^
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D
maturation, maturité, mûrissement, mûrir, mûr... Tu vois l'idée ? Ceci dit, je vois parfaitement ce que tu ressens, car je suis retombé récemment sur mes cahiers, et en les relisant pour piocher dedans de quoi alimenter certaines rubriques lors des trous d'inspiration, je me rends bien compte que c'était pas brillant-brillant. Parfois franchement nul... <br /> Mais oserais-je écrire aujourd'hui quelques pages sur un truc qui me traverse l'esprit, si je n'avais alors fait mes premières armes... J'sais pas ! <br /> La technique, ca se travaille... Comme les musiciens. D'abord acquerir la technique, faire des gammes, des couacs, des canards... et un jour, saisir une mélodie qui jailli au fond du cerveau... la jouer de suite, d'instinct, et la travailler travailler et travailler encore pour en faire... une oeuvre... Une chansonnette... une ritournelle... Peu importe.
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K
Oui, il faut apprendre le plaisir de la relecture et de la réécriture, finalement. Sinon écrire est un plaisir, se relire une insatisfaction, et la réécriture une vraie torture!! Aussi j'aime beaucoup quand tu parles de ritournelle, cette connotation légère est ce vers quoi je tends quand je me réécris :)
J
Bien sûr que non, ton oeuvre ne restera pas inachevée. Tu sais, lorsque je relis mes écrits après les avoir classés pour satisfaisants, il n'y a aucun doute, des corrections s'imposent. <br /> Je vais même aller plus loin : si je les laisse encore "macérer" après une correction que je considère comme étant la dernière, eh bien non ! Il y a encore à reprendre ! Et c'est ainsi qu'est faite la plume de l'écriveron...<br /> Même en étant dégauchis par les correcteurs des éditions, édités, nous trouvons encore à redire.<br /> Il faut s'y faire, nous sommes d'incorrigibles insatisfaits...<br /> Je t'embrasse amicalement, Jyckie.
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K
Bon, tu me rassures un peu!! Je croyais n'être qu'une éternelle insatisfaite!
E
Evidemment, je ne peux pas laisser passer cet article sans laisser de commentaires ;-)<br /> <br /> Bon, moi j'ai commencé à écrire à 13 ans et je ne sais pas pourquoi, j'en ai tout de suite fait une affaire super privée et il s'est passé une bonne dizaine d'années (oui, ça veut dire aujourd'hui!) avant que je ne m'ouvre complètement.<br /> Et quand j'étais ado, malgré ma forte envie d'écrire un roman, je n'ai jamais fait plus que la 1ère page.<br /> Pourquoi ? je ne sais pas. Pas la maturité, j'écrivais beaucoup dans mon journal intime... ca me suffisait.<br /> <br /> Et puis dès que j'ai commencé à vivre des choses vraies, le besoin s'en est plus ressenti. Je t'ai dit une fois que j'écrivais en fonction de mes émotions.<br /> Et un jour, j'ai vécu une histoire d'amour, une vraie histoire d'amour.<br /> Pendant trois ans j'ai essayé de l'écrire sous tous les angles possibles et imaginables. Evidemment, pas de soucis de personnages ou de trame à suivre puisque c'était réel.<br /> Et un jour, j'ai raconté mon histoire à une amie qui m'a dit "tu devrais l'écrire comme tu viens de me le raconter". Simplement en fait. <br /> J'avais toujours eu envie d'écrire comme Victor Hugo, Jane Austen ou Emile Zola. <br /> Et puis je me suis rendue compte que d'autres styles étaient tout à fait honorables et que de toute façon, j'étais plus une fille du XXIè siècle que du XIXè !<br /> <br /> J'ai donc fini par écrire cette histoire (ça en fait une nouvelle en fait) et ça m'a fait un bien fou.<br /> La nouvelle écrite, la page tournée ;-)<br /> <br /> Depuis, j'ai essayé d'autres choses, sans forcément que ça soit la réalité. Et non, je n'ai jamais réussi à terminer.<br /> Mais je ne désespère pas, je suis encore jeune et je me dis qu'avec l'âge, notre plume doit forcément s'enrichir.<br /> Et tant pis pour mon rêve d'écrire un best seller à 23 ans ;-)<br /> <br /> Quand à me relire, je le fais tellement souvent que je finis par m'ennuyer de ma prorpre plume ;-)<br /> Mais je crois que je ne prends jamais assez de recul pour savoir si c'était vraiment bien ou si ça a besoin de réecriture.<br /> J'ai forcément changer une phrase ou deux par ci , par là, mais je n'ai jamais vraiment tenté l'exercice de la réecriture. <br /> <br /> Je crois surtout que j'écris encore beaucoup pour moi, que j'ai du mal à écrire en dehors de mes émotions et états d'âme, que je ne sais pas encore créer mes personnages avec leurs défauts et qualités, que j'écris de simples textes par besoin, et que je suis même loin d'être ce que tu appelles écriverons ! :-)
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K
Oui, je connais aussi le fait de ne pas pouvoir faire lire ces écrits à tout le monde! Tu vois, j'ai mis encore plus longtemps que toi à me décider (j'ai 10 ans de plus que toi!). Jusqu'à présent, seuls un ou deux proches lisaient mes petits écrits. Et puis, à défaut d'oser envoyer ça chez un éditeur (J'ai honte, ne me demande pas pourquoi!), au moins j'ai fait ce blog qui me permet d'avoir des regards extérieurs dessus et de me faire progresser (enfin, j'espère!).Alors, bon : réécrivons réécrivons!!