Blog de Karine Carville : ses romans et ses événements.
Elle courait. Il lui semblait que c'était tout ce qu'elle savait faire. Comme si son cerveau avait soudainement oblitéré les 26 années qui avait précédé cet instant. Comme si la seule commande qui fonctionnait encore était l'ordre donné à ses muscles d'accélérer encore. Le parc était grand, bien trop grand. Elle le savait. Ses instincts les plus primaires lui narraient déjà la fin qui serait la sienne dans quelques secondes... quelques minutes? Mais telle l'antilope, dont le souffle du fauve réchauffe les flancs, elle ne pouvait se résoudre à accepter son destin, et poursuivait sa course folle. La nuit ralentissait sa progression, barrant sa route d'obstacles invisibles. Chaque seconde gagnée laissait son souffle brûlant au fond de ses poumons. Chaque obstacle franchit marquait sa chair de lacérations inutiles, comme autant de flagellations expiatrices. Mais elle n'avait rien à se faire pardonner! Et son calvaire était vain.