La Lune est déjà haute dans le ciel sombre, Pas un souffle d’air n’agite les vieux arbres. La fatigue me prend par traîtrise, toujours, Mais je verrai pourtant poindre le petit jour…
Les ombres se faufilent à travers mes persiennes Et cueillent au passage mes pensées peu sereines Pour les conduire, contre mon gré, en d’autres temps, A des années lumières de mon présent.
Je laisse mon esprit s’amuser à cloche-pied, Jouer à saute-mouton, et presque fuguer Pensant naïvement pouvoir le rattraper… Mais il est déjà bien trop tard pour l’arrêter !
A moitié endormie, je pense enfin sombrer Dans un sommeil longuement espéré. Que nenni ! Je ne pourrai trouver le repos Tant que ma Muse se jouera de mon cerveau…
Encore donc une nuit où j’attendrai en vain Un sommeil qui me fuit comme une catin… Mais, peu à peu, ces histoires me ravissent : Je les contemple avec un évident délice…
C’est mon moment à moi, Celui que je ne partage pas, Ces instants de création Qui envahissent ma raison Et me laisseront demain Exténuée, au petit matin, La tête pleine d’aventures Et de splendides gravures Dont je pourrai me servir Pour continuer à écrire…