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Blog de Karine Carville : ses romans et ses événements.

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De l'écriveronne à l'écrivain

Ah ah ah ! Je vous vois venir là ! Vous êtes en train de vous dire : "Ca y est, bingo, elle a pris la grosse tête ! Elle se prend pour un écrivain maintenant !"
Et bien détrompez-vous, il me plaît de clamer haut et fort que je suis toujours une écriveronne.
Force m'est cependant de reconnaître que les circonstances de la vie, cette aventure en somme, transforme l'écriveronne que j'étais. En l'enrichissant, j'espère !

En fait, le fait d'écrire mon premier roman éditable m'amène à me poser beaucoup de questions sur la façon dont j'écris afin de tenter de m'améliorer. Vaste chantier, cela va sans dire ! LOL Mais je ne désespère pas de ressortir meilleure de ce projet démentiel.

Alors, pourquoi laisser penser à mes blogonautes que je suis en train de devenir un écrivain ? Et bien tout simplement parce qu'à force de me l'entendre dire, je finis par m'y faire !

Mais reprenons l'histoire là où je l'avais laissée...

Michel venait de me passer commande pour un roman de littérature sentimentale, vous vous rappelez ? J'avais supposé qu'il avait fait un tour sur mon blog avant de prendre sa décision, mais en réalité il n'avait pas eu le temps d'approfondir cette devanture de mon petit monde. Aussi ai-je commencé à travailler sur mon roman en suivant ses conseils : pour la première fois de ma vie j'ai fait un plan de ce que j'allais écrire. Interdiction de se laisser porter par l'histoire ou de faire de l'approximatif cette fois-ci. Il me fallait créer un plan, une charpente, des fiches de lieux et de personnages.

Au début, ce travail m'a fait peur. Non par sa quantité, mais par le carcan qu'il m'imposait. J'aime ME raconter mes histoires, alors quid de mes réactions si j'en connais la fin à l'avance ? Certains diront que cela n'existe pas, mais je suis de ces personnes qui laissent vivre leurs personnages, qui aiment les regarder commettre leurs erreurs, qui les espionnent chez eux... Ce serait cependant mentir que de dire que lorsque j'écris une histoire je n'ai aucune idée de sa finalité. Mais je laisse les événements se placer par eux même là où bon leur semble.

La création d'une structure m'a fait prendre conscience qu'un livre devait être efficace, et surtout du pouvoir de l'écrivain sur son lectorat : c'est tout de même moi qui suis chargée de vous faire rêver, de vous emmener loin de votre canapé...

Michel m'a donné pas mal de documentation que je dévore encore aujourd'hui. J'y ai découvert certaines techniques, et ai pu mettre des mots sur ce que je faisais intuitivement jusqu'à présent. J'ai eu avec Michel des conversations extraordinaires où il m'apprit qu'il existait dans le texte une cadence, un rythme, une texture, et bien d'autres choses qui définissent le style d'un auteur. En tant que lectrice je connaissais intuitivement tout cela, mais poser des mots sur des techniques ouvrit de larges perspectives à l'écriveronne...

Et une fois lancée dans mon histoire qui se présentait sous forme de plan devant moi, je me suis sentie étonnament libérée et heureuse. Facile d'être heureuse lorsque j'écris, je vous le concède ! Mais le plan me fournissait une ligne de conduite, un garde-corps, une agréable sécurité. J'avais eu l'aval de Michel pour l'histoire, le reste était de mon ressort... J'en conclus aujourd'hui une évidence : le plan est mon ami !

C'est ainsi qu'en travaillant encore plus dur, et certainement différemment d'avant, l'écriveronne s'est vue affublée du nom d'écrivain.

J'avoue que j'ai eu du mal à m'y faire, et encore aujourd'hui j'ai tendance à en rire (je ris un peu de tout, il me faut bien le reconnaître !). Mais lorsque j'ai fait lire d'autres écrits à Michel qui tenait à connaître mon style, et qu'en retour je n'ai reçu que des critiques très positives et le nom d'écrivain populaire, je me suis demandée pendant longtemps (très longtemps !) ce que j'avais fait pour mériter cela. Pourtant, cette fois-ci, je suis face à un public professionnel (une partie de mon roman est déjà passé en comité de lecture), qui s'est montré satisfait de ma production.

C'est à présent que j'ai du mal à me situer et qu'il me faut garder quelques-unes de mes convictions.

La première de toutes mes certitudes c'est que je suis une écriveronne qui souffre autant d'écrire que de ne pas écrire (ce n'est pas de moi mais de M. Guenot qui reflète à la perfection beaucoup de mes états d'âme). J'aime écrire. Pour moi. Pour mes amis. Pour vous tous qui aurez envie de me lire. Je resterai une écriveronne, même quand on m'appellera écrivain ou auteur (j'en reparlerai une autre fois), parce que l'écriture n'est pas figée : elle évolue, s'affermit, s'enrichit, grandit comme un enfant que l'on chérit. Je tiens cela pour acquis du fait que j'écris depuis l'âge de dix ans et que je possède encore pas mal de mes jeunes et moins jeunes œuvres qui me dont frissonner d'horreur quand je les relis ! LOL Il me reste donc du travail, je suis donc une écriveronne.

Ma seconde certitude est que je ne souhaite pas être un auteur connu ou reconnu. Pas de froufrous et tralalas pour moi. Si la vie me permet de publier mes romans régulièrement et qu'ils trouvent un lectorat intéressé par eux, je serai satisfaite.
Je n'ai pas la carure de ces Grands Auteurs qui savent tant de choses. Je n'ai donc pas ma place dans les émissions littéraires. C'est pourquoi le statut d'écrivain populaire me plaît tant !


Pour conclure cette petite partie de psychanalyse d'écriveronne sur blog-napé, je dirai que je sais à présent une chose essentielle pour moi : je sais que je sais écrire.

Il me reste beaucoup de choses à vous raconter : mais je crois que j'ai assez parlé de moi pour un sacré bout de temps ! LOL
Je vous promets de continuer à vous raconter cette aventure, le plus simplement possible, et bientôt je vous parlerai du rapport entre l'écrivain et l'auteur, et de ma décision de publier sous mon nom véritable mon futur roman, et les inquiétudes qui en découlent !
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E
merci pour ce beau billet Karine.<br /> Pour plein de choses j'ai adoré. tu dis que tu écris pour nous faire sortir de notre canapé, alors que le mien me fait déjà fuir à cause de mon chat ;-)<br /> Tu dis que tu dois faire un plan mais la dernière fois que j'ai parlé avec un écrivain, c'était PHhilippe Claudel et il nous a dit qu'il ne connaissait jamais la fin de l'histoire quand il l'a commençait.<br /> Je crois que chacun à sa technique. Le plan a l'air de te satisfaire, tant mieux!<br /> <br /> J'ai hâte de te lire!<br /> <br /> Quant aux émissions littéraires, je te comprends à 100%. Et puis si tu deviens vraiment écrivain, ou auteur, tu verras bien à ce moment là, non? <br /> <br /> J'attends la suite des aventures avec impatience!
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